Top 5 soccer : les champions inattendus

Une victoire, c’est bien. Un championnat, c’est mieux. Alors qu’on relève d’innombrables victoires improbables dans l’histoire du soccer et du sport, c’est encore plus spécial qu’un négligé lève la coupe.

Certains ont regardé El Clasico cette semaine, qui s’est soldé par un score assez éclatant. C’est un match qui attire l’attention, comme la plupart des gros matches au monde, parce que disputé entre deux équipes habituées à être championnes.

Que ce soit Argentine-Brésil, Celtic-Rangers ou encore Ajax-PSV, on a pris l’habitude de voir les mêmes équipes au haut du classement, ou qui remportent le championnat. Mais qui dit habitudes ne dit pas lois, et il arrive qu’une équipe remporte un match, puis un autre, puis… attends, ça continue? Quoi, ils ont tout gagné?

Donc, en ordre chronologique décroissant, voici le top 5 des champions inattendus (je me suis tenu à certains tournois internationaux d’envergure – la Coupe du Monde, l’Euro et la Ligue des Champions).


1. Euro 2004 : les Grecs rient de tout le monde et remportent l’Euro au nez, à la barbe, au pied, et à toutes les parties du corps du Portugal

Attendus de pied ferme par, euh, personne, les Grecs ont causé le choc du tournoi quand ils ont défaient chez eux les Portugais, issus de la génération en or, à l’Euro 2004… en match d’ouverture! Le ton était donné, et les Grecs firent fi du bon sens, des paris et de la « noblesse » de certaines équipes, en sortant tour à tour les Espagnols, les Français et les Tchèques, trois des grands favoris de la compétition.

Arrivés en finale avec une défensive de fer et à coup de buts de la tête, ils se retrouvèrent face à ces mêmes Portugais, ainsi que 50 000 partisans en rouge. Corner, Charisteas, But, Gagné.

Ze moment : on ne dira pas le but en finale, mais plutôt le but de Dellas à la fin de la prolongation, en demi-finale contre des Tchèques jusqu’alors irrésistibles.


2. Ligue des Champions UEFA 2003-2004 : Mourinho arrive sur la scène

Si on regarde la Ligue des Champions depuis une dizaine d’années, on verra comme vainqueurs une liste des plus grands clubs du continent : Manchester United, Milan, Barcelone, etc. Mais le club portugais Porto fait figure d’invité. Bien qu’un gros club dans son pays, et champion en titre de la Coupe UEFA 2003, personne n’aurait pu prédire ce que Porto allait accomplire lors de la saison 2003-2004. Ayant devancé Marseille et Belgrade en groupe, les bleus sortirent tour à tour Manchester United, Lyon et La Corogne (Espagne) avec un jeu serré et robuste, emportés par un jeune coach baveux du nom de… José Mourinho. En finale, ils démolirent (3-0) une surprenante équipe de Monaco, et Mourinho avait son tapis rouge – il a depuis remporté plusieurs titres avec Chelsea et Inter, et est actuellement entraîneur au Real Madrid.

Ze moment : Avec deux minutes à jouer à Manchester en quarts-de-finale, Porto avait de besoin d’un but. Ça rentre, ils passent; ça manque, ils sont éliminés. C’est rentré.


3. Euro 1992 : Les champions non-invités

Une des plus bizarres histoires de l’histoire du foot s’est déroulée lors de l’édition 1992 de l’Euro. Contrairement à 2012, alors que la compétition comptera 24 équipes, cette édition ne comptait que 8 équipes, toutes premières de leur groupe de qualification. L’une de ces équipes était la Yougoslavie.

Mais, voilà que, au début de l’été 1992, se déclencha dans ce pays un petit conflit dont vous avez peut-être entendu parler. Suite à son exclusion diplomatique, on dut trouver un remplaçant. C’est alors qu’on rappela les joueurs danois (deuxième en qualifs) de leurs vacances pour leur dire qu’ils devaient disputer l’Euro juste à côté, en Suède.

Qualifiés de justesse pour les demi-finales, portés à bout de bras par leur gardien, un certain Peter Schmeichel, ils ont sorti les champions défendant hollandais en pénaltys avant d’affronter l’ogre allemand, champion du monde en titre, et qui remportait tout à l’époque. Vous imaginez la suite…

Ze moment : Vilfort qui fait 2-0 en finale avec 11 minutes à jouer, et qui permet au Danois de réaliser qu’ils seront champions. Avancez le vidéo à 2:39.


4. Coupe du Monde 1954 : Le miracle de Berne

1954 paraît à des années lumières d’aujourd’hui : la grande puissance mondiale était la Hongrie, et les Allemands n’avaient jamais rien gagné (qui plus est, le pays a pas mal été détruit pendant la guerre, 9 ans auparavant). Emportés par le légendaire Ferenc Puskas, les Magyars magiques, comme on surnommait les Hongrois, étaient invincibles : 31 matches sans défaite pendant les cinq ans précédant le tournoi, presque 4.5 buts marqués par match, deux volées contre l’Angleterre, et une aura d’invincibilité. Et ils ont lavé les Allemands… Right?

Eh non! L’Allemagne de l’Ouest disputait son premier tournoi depuis la Guerre, et se rendit jusqu’en finale, encaissant notamment en route une défaite de 8-3… contre la Hongrie! Une fois arrivées en finale, les deux équipes reprirent là où elles s’étaient laissées, avec la Hongrie qui marqua à travers Puskas après seulement 6 minutes, puis qui doubla son avance deux minutes plus tard. Mais les Allemands ne baissèrent pas la tête, et égalisèrent rapidement, 2-2 après 18 minutes. Puis, avec 6 minutes à faire…

Ze moment : le but le plus célèbre de l’histoire de l’Allemagne, marqué par Rahn (et l’appel de but le plus célèbre aussi – Tor! Tor! Tor!)


5. Coupe du Monde 1950 : « Maracanazo »

Même ceux qui ne connaissent pas trop le soccer savent que la meilleure équipe, c’est le Brésil, et qu’elle joue en jaune. Mais avant 1950, le Brésil jouait en blanc, et c’est suite à un match, la finale de la Coupe du Monde 1950 chez lui, qu’il décida de ne plus jamais prendre le terrain en blanc.

En 1950, le Brésil accueille le monde, décidé à montrer qu’il est un pays moderne et, surtout, bon au futebol. Pour l’événement, comme en Uruguay en 1930, il fit construire un stade, le Maracana, le plus gros stade au monde : 200 000 spectateurs pouvaient y prendre place. Un palais pour le couronnement : en route vers le dernier match, le Brésil atomisa la Suède (7-1) et l’Espagne (6-1). Il n’avait de besoin que d’un match nul contre l’Uruguay, petit pays à la riche histoire footballistique.

Avant le match, les journaux étaient déjà tirés avec comme grand titre « Voici les champions du monde ». Et les gens célébraient dans la rue. Le Brésil, comme le veut le scénario, pris l’avance au début de la deuxième mi-temps. Et les gens célébraient dans la rue.

Mais voilà que les adversaires en bleu ciel (La Celeste) ne se laissèrent pas intimider, et qu’ils égalisèrent avec 25 minutes à faire. Pas de trouble – on est le Brésil, on va remettre la machine en marche. Et les gens célébraient dans la rue. Et puis, avec une dizaine de minutes à faire, arrive Ghiggia pour l’Uruguay, qui galope sur l’aile droite, qui tire bas au premier poteau… et qui marque! Contre vent et marée (et 200 000 Brésiliens), la bande en bleu résista et devint le premier pays à remporter plus d’un titre mondial (après celui de 1930).

Le Brésil ne joua plus jamais en blanc, et dut attendre 8 ans et un certain Pelé pour enfin remporter la Coupe du Monde. Le « Maracanazo » (le coup du Maracana) demeure l’un des événements les plus traumatisants de l’histoire du Brésil. En 2014, le Brésil aura enfin la chance de venger cet échec, alors qu’il foulera le terrain du Maracana en Coupe du Monde pour la première fois depuis ce fameux match.

En jaune, cette fois-ci.

Ze moment : Même à 83 ans, je suis sûr qu’Alcides Ghiggia se fait encore offrir des danses à 10 à Montevideo. Avancez le vidéo à la 4e minute.

En ai-je oublié? Quelle autre équipe auriez-vous mis?

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