Soccer: CONCA-CORRUPTION

Si on était à une semaine de la Coupe du Monde, de l’Euro, ou de tout autre tournoi continental, on parlerait de préparation, de pronostics et de production offensive sur le terrain. Mais en CONCACAF, la confédération dans laquelle se retrouve le Canada, on ne fait jamais les choses comme les autres.

Les Rouges se préparent pour la Gold Cup, où ils affronteront les États-Unis, le Panama et le Costa Rica à partir du 7 juin. On aura la chance d’en parler la semaine prochaine. Parce qu’en ce moment, le monde politique du foot mondial et de la confédération est tout simplement en train d’exploser.

La meilleure photo de l'internet (Merci David Cronenberg!)

On a mentionné la corruption « au quotidien » de la FIFA au passage lors d’un article sur la Coupe du Monde 2022 (Qatar), mais c’est un peu tout le monde qui a été pris court par les développements des dernières semaines.

Voici une séquence des événements :

  1. Cet hiver, la FIFA octroie les Coupes du Monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, respectivement. La seconde en particulier fait des vagues, et ça sent les pots de vin à plein nez. Un VP de la FIFA et bon ami (et financier) du président Sepp Blatter est nul autre que le Qatari Mohamed Bin Hammam.
  2. Ce même Bin Hammam se cherche une promotion, et se dit que Blatter est mûr pour la retraite. Il se porte donc candidat aux élections présidentielles de la FIFA. Blatter n’aime pas.
  3. Afin de s’assurer des votes des petits pays des Caraïbes, Bin Hammam invite les membres d’une trentaine de pays à une conférence spéciale à Trinité et Tobago, fief du président de la CONCACAF et gangster effronté Jack Warner (allez lire son Wikipedia!). Sous les auspices de Warner, il offre 40 000$ en cash money aux représentants. Dans une enveloppe brune.

    Comme dans les films!

  4. Le délégué des Bahamas et quelques autres rapportent l’offre au secrétaire de la CONCACAF, l’Américain Chuck Blazer, habituellement allié de Warner, qui n’a d’autre choix que de rapporter le tout à la FIFA. Bin Hammam, pris au piège, se retire de la course présidentielle et Warner est suspendu de son poste.
  5. Le président par intérim de la CONCACAF et marionnette de Warner,Lisle Austin de la Barbade, essaye de renvoyer Blazer et de faire stopper l’enquête, avec un mémo digne d’une république de bananes. Sans succès.

Il faut comprendre que dans ce monde-là, les gros joueurs ne se font typiquement jamais prendre. Certes, certains petits exécutifs se sont fait chopper dans le passé, mais Warner était encore tout-puissant jusqu’à récemment. Avec le principe d’un vote par pays, les Caraïbes contrôlent la CONCACAF avec 30 voix sur 40, malgré une population minuscule pour la plupart de ces nations. Rajoutez à ça un expert en pots de vins et un fin politicien en Warner, et ça donnait un cocktail assez explosif.

Blatter et Warner au Canada en 2007

Pour les « gros » pays de la région (certains diront les pays sérieux) comme le Mexique, les États-Unis, le Costa-Rica, le Canada ou encore le Honduras, ceci pourrait s’avérer une chance inouïe de reprendre le contrôle de la confédération. Pour Warner, c’est le bout de la ligne et pour Blatter, ça signifie une autre victoire par acclamation.

Des fois, plus ça change…

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Socrates (@SocratesMTL) suit tout ça grâce à World Football Insider (@WorldFBinsider) et à Bill Archer de BigSoccer. Il vous suggère aussi le livre explosif d’Andrew Jennings « Foul! », qui parle de la corruption à la FIFA.

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