La Copa de toutes les surprises

Ah, l’Amérique du Sud. J’ai brièvement mentionné la Copa America lors de ma dernière chronique, mais je me dois d’y dédier une page complète cette semaine pour ses développements rocambolesques.

Alors que le soccer international se résume souvent par les mêmes grosses équipes qui battent les mêmes petites et moyennes équipes, cette Copa nous prouve que le continent de Bolivar n’a définitivement pas reçu le scénario. N’ayant que 10 pays membres, les équipes ont l’habitude de toutes s’affronter TOUT LE TEMPS. En plus de jouer contre tous les adversaires lors des qualifications pour la Coupe du Monde, les 10 sont qualifiés pour la Copa America, accompagnés de 2 pays invités (pour faire 3 groupes de 4).

Avec un niveau assez relevé, des foules très hostile et, pour certains, l’avantage considérable de jouer en altitude, il n’est pas surprenant de voir des scores surprenants, comme la rince (6-1) que la Bolivie, typiquement en bas de tableau, a mis à l’Argentine il y a quelques années à La Paz. Sauf que cette fois, c’était sérieux.

L'Argentine n'a remporté aucun titre sénior depuis la période Maradona (1993)

L’Argentine  jouait chez elle et cherchait son premier trophée sénior depuis 1993. Messi, qui n’a jamais été l’ombre de lui-même avec la Albiceleste, était le point de mire tactique de l’équipe. Après 2 résultats décevant en ouverture (nuls contre la Colombie et la Bolivie), le sélectionneur Batista, déjà sur la sellette, a complètement remanié son alignement, plus offensif, pour le match contre les U23 costaricains. L’Argentine a gagné sans convaincre, mais allait affronter en quarts un grand rival, l’Uruguay de Forlan, demi-finaliste du Mondial l’an dernier.

De l’autre côté du tableau, le Brésil, vainqueur de 4 des 5 derniers tournois, passait par une phase semblable. En grande préparation pour LEUR Mondial dans 3 ans, les jeunes brésiliens voulaient mettre le paquet pour faire oublier leur décevant parcours sud-africain. Emmené par Pato, Robinho et Neymar, le Brésil a annulé contre le Paraguay et le Vénézuela, pays de baseball typiquement médiocre au futbol, mais une victoire contre les Équatoriens le propulsa lui-aussi vers un match de quarts dangereux, contre ce même Paraguay.

Et c’est là que ça se gâte.

Pérou-Colombie: Golaaaaaaaaaaaaazzzzzzzzzoooooo!

Quatre quarts-de-finales. Quatre favoris. Quatre surprises. Comme quoi la seule certitude dans le foot, c’est que le ballon est rond.

Le Pérou a surpris la Colombie 2-0 en capitalisant sur des erreurs du gardien en surtemps, tandis que le Vénézuela (et son coach souriant) s’est montré plus opportuniste que le Chili lors de sa victoire de 2-1. Et qu’en est-il de nos géants?

Le Brésil a établi un triste record : après un match sans but, les Canarinhos ont manqué leurs quatre pénaltys. Leurs QUATRE pénaltys. Dont un de manière spectaculairement mauvaise.

Dans le match le plus attendu de la ronde, l’Argentine et l’Uruguay se disputaient une place dans le carré d’as affublées toutes deux de couleurs qui n’est pas leur bleu ciel habituel. Après un échange de but dans le premier quart du match, les Argentins ont pris le dessus, avec plus de chances et de possession dans un match robuste. L’un explique l’autre, puisque l’Uruguayen Pérez s’est pris un deuxième jaune à la 38e minute.

Tevez ne s'est pas fait trop d'amis dans son pays natal avec sa performance cet été

Cela dit, Messi semblait bloqué, et les joueurs de la Celeste, emmenés par Forlan et Suarez, contre-attaquaient de manière très menaçante, surtout lorsque les ballons arrivaient sur la tête du capitaine Lugano. En toute fin de match, le jeune gardien Muslera (25 ans) a volé un but certain par deux fois suite à un coup franc argentin. Du bout du pied, puis de l’épaule, il s’est mis dans le chemin du ballon qui aurait assurément sonné le glas pour son équipe. C’est finalement en pénaltys que tout ça se termina, avec Tévez qui manque son tir, et l’Uruguay qui continue sa quête pour un 15e titre (ce serait un record).

On aura donc droit à une finale toute « guay » ce dimanche à 16h, puisque l’Uruguay et le Paraguay (avec un 5e nul en 5 matches) sont sortis vainqueurs des demi-finales. À vos télés!

Ze moment : la séquence d’arrêts de Muslera en prolongations contre l’Argentine

*********************
Socrates (@SocratesMTL) rigolait l’été dernier en disant que cette finale potentielle (au Mondial) serait la moins regardée de l’histoire.

À voir aussi sur SDR :


Vos commentaires


 

© 2010-2012 Sportsderuelle.ca
Image 01 Image 02 Image 03 Image 04 Image 05 Image 06 Image 07 Image 08 Image 09 Image 10 Image 11