Joachim et l’envers de la médaille

photo - Joachim Alcine vs Alfonso Mosquera © AP


 
On apprenait dans les médias récemment que le retour de Joachim Alcine dans le ring était pour bientôt. La surprise fut que ce soit si rapidement…

En effet, l’ancien champion des 160 livres de la WBA, avec une fiche loin d’être vilaine de 32-2, 19 KOs, affrontera Jose Medina (14-9-2, 6 KOs) en sous-carte de l’affrontement entre Edwin Rodriguez et Chris Traietti présenté le 20 août prochain au Mechanics Hall de Worcester.

La surprise était avant tout d’apprendre que Joachim songeait sérieusement à boxer à nouveau.

La carrière d’Alcine est le reflet même des dangers du succès.

L’adage qui veut qu’il soit plus difficile de rester champion que de le devenir est bien plus qu’un cliché du sport. Il souligne entre autres qu’une fois rendu champion, le pire ennemi qu’on puisse avoir devient la confiance en soi, cette même confiance qui vous a rendu champion.

Dans les sports de combat, particulièrement, cette confiance est essentielle pour arriver au sommet. Il faut croire qu’on est plus fort que son adversaire pour espérer le vaincre, il faut se convaincre qu’on est le meilleur.

Cette confiance est gonflée par chaque victoire, par chaque tape dans le dos, par chaque autographe.

La différence entre les très bons athlètes et les excellents vient souvent dans leur manière de gérer cette confiance.
 

Don King et Joachim Alcine


 
L’histoire de Joachim est la même que celle de certains jeunes joueurs du Canadien.

Le succès amène la reconnaissance, le succès amène les amis.

Et quand l’entourage grossit, il amène aussi les rapaces, les profiteurs, les opportunistes et les fefans subjectifs.

Ceux qui entourent la vedette nourrissent la flamme de la confiance à grands coups de “T’es le meilleur”,  de “C’est toi qui a raison” et de “Tu mérites mieux“… Peut-être pour se convaincre eux-mêmes qu’ils n’investissent pas leurs temps pour rien.

L’athlète, lui, doit savoir canaliser cette confiance. Il doit savoir où son champ d’expertise arrête, il doit comprendre que ce n’est pas l’homme qu’on vénère, mais sa performance.

Et c’est là que la plupart échouent…

Joachim avait beaucoup de talent, un sale jab et un direct sec. Il avait acquis une solide technique enseignée par l’excellente équipe d’Yvon Michel.

Une carrière stratégiquement bien montée aussi.

Mais Joachim a fait l’erreur de se perdre dans cette confiance au point d’oublier ce qui l’avait rendu où il était.

Alcine a fait l’erreur de se croire plus fort que la game.

Dans le cas d’Alcine, c’est sûrement plus par naïveté que par malice, parce que le champion voulait réaliser de grandes choses. Le champion se croyait investi d’une mission.

Mais la dure réalité du sport, c’est que vous n’êtes jamais meilleur que votre dernière performance.

Est-ce que le temps aura permis à Joachim d’apprendre de ses erreurs?

Je le souhaite…

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