Et l’autre 79%, lui?

La valse des trophées tire à sa fin dans la Ligue majeure de baseball et, si quelques choix ont fait l’unanimité, un, en particulier, soulève les débats sur les médias sociaux.

Rien à redire sur les choix pour les trophées de la recrue de l’année (Craig Kimbrel des Braves et Jeremy Hellickson des Rays), des gérants de l’années (Kirk Gibson des Diamondbacks et Joe Maddon des Rays) ou encore des récipiendaires du trophée Cy-Young (Clayton Kershaw des Dodgers et Justin Verlander des Tigers). Ces choix étaient pratiquement logiques.

Or, ce même Verlander s’est également vu décerner le titre de joueur le plus utile à son équipe (MVP) dans la ligue Américaine. Et c’est précisément le point qui divise les amateurs de baseball cette semaine : est-ce qu’un lanceur devrait être admissible au titre de joueur le plus utile à son équipe? Entendons nous sur les termes : on parle de MVP, most valuable player, et non pas de joueur par excellence, tout simplement le meilleur joueur point, que son équipe gagne ou non. Dans la ligue Nationale, c’est le voltigeur des Brewers Ryan Braun qui a remporté le titre, un honneur très mérité. Mais l’est-il autant pour Verlander? On va évaluer cela un peu.

Soyons francs, Verlander a connu une saison phénoménale. En 34 départs, il a obtenu une fiche de 24-5, 250 retraits au bâton et une moyenne de 2.40, jumelés à un WHIP (walks and hits per inning, une statistique estimée au baseball) de 0.92. Son équipe, les Tigers, ont remporté le championnat de la division centrale.

Je crois que le vote aurait dû couronner celui qui est arrivé au second rang, le voltigeur Jacoby Ellsbury, des Red Sox de Boston, qui a connu ce qu’on appelle en anglais une career year, obtenant des chiffres qu’il n’égalera plus jamais d’ici sa retraite (vous l’aurez lu ici en premier!) : une moyenne de .321 et 212 coups sûrs en 660 apparitions au bâton (740 si on ajoute les buts sur balles, les sacrifices et les fois qu’il a été atteint, qui ne comptent pas). Un impressionnant total de 32 circuits et 105 points produits pour un premier frappeur de petite taille, 46 doubles, 5 triples, 39 buts volés et un gant doré en prime, n’ayant commis aucune erreur (!) en plus de 380 jeux dans lesquels il a été impliqué. C’est-à-dire : aucun relais tout croche à l’avant champ, aucune mauvaise course, aucun jeu pris à la légère. Le tout en 158 parties sur les 162 que dure la saison.

Jacoby Ellsbury (à droite) a connu une saison de rêve à Boston - zimbio.com

Et c’est exactement là ou j’ai tendance à appuyer ceux qui disent qu’un lanceur ne devrait jamais remporter le titre de joueur le plus utile : Verlander a manqué 79% des matchs des Tigers! Allez me dire ensuite qu’il est le joueur le plus utile à son équipe quand il est sur le banc pendant 128 parties!

Ce qui a nuit à Ellsbury dans le processus de vote, c’est la division des voix avec son coéquipier étoile Adrian Gonzalez, qui a aussi connu une saison exceptionnelle, et le fait que les Red Sox ont manqué les séries. Certains analystes mentionnent que sans les 24 victoires de Verlander, les Tigers auraient manqué les séries. On peut dire la même chose d’à peu près tous les lanceurs ayant atteint le cap des 10 victoires cette saison. Dans le cas des Rays de Tampa Bay, par exemple on peut même dire ça d’un lanceur qui n’a gagné qu’un seul petit match. C’est un peu faible comme argumentaire, vous en conviendrez.

Les lanceurs ont le trophée Cy-Young bien a eux pour les récompenses individuelles. Je crois qu’un MVP devrait être décerné à un joueur qui est sur le terrain à tous les jours.

Et vous, que pensez-vous de ce résultat?

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