Lucian Bute : qui veut tirer la courte paille?

Bute a tout simplement dominé Johnson samedi à Québec. - AP Photo/The Canadian Press, Tom Boland

 

Lucian Bute a la fâcheuse habitude de faire mal paraître ses adversaires.
Ce fut le cas encore samedi soir….

On a senti Johnson craintif tout au long du combat. Incapable de placer sa droite pendant la moitié du combat, le vétéran est resté sur ses talons tout au long de l’affrontement.

Il est vrai que les deux pugilistes n’en étaient pas à leur première confrontation. Johnson a été un partenaire d’entraînement récurant de Bute pendant plusieurs années, et c’est grâce à plus d’une centaine de rounds de boxe dans le ring d’entraînement que les deux hommes ont eu le temps de se connaître et de s’étudier.

Après un début de combat timide, les deux grands amis se respectant peut-être trop, il aura fallu attendre jusqu’au 5e round avant qu’on ait un vrai combat et qu’on sente enfin les deux hommes plus déterminés.

 

Glen Johnson à la pesée. - boxingscene.com

Il est vrai que Glen Johnson n’est plus tout jeune et on entend déjà dire que ce n’était pas un adversaire de grand talent.

À cela, je m’inscris en faux.

68 combats de boxe, une fiche de 51 victoires et 35 KOs.

Le « Road Warrior » a battu Roy Jones jr par KO en 2004 et Antonio Tarver par la suite pour le titre « Ring des lourds léger ».Il a également été nommé boxeur de l’année en 2004 par l’association des journalistes attitrés à la boxe d’Amérique.

De plus, les techniques de préparation actuelles avantagent la branche la plus travaillante des boxeurs de cette génération.
La nutrition, les entraînements sophistiqués et la science appliquée par les entraîneurs de nos jours sont comparables aux méthodes qu’utilisent les plus grands entraîneurs olympique et professionnel dans le monde. Il est loin le temps où on s’entraînait à la corde à danser entre deux cigarettes dans un gymnase de sous-sol d’église, comme ce fut encore le cas jusqu’au milieu des années 90.

Le premier à avoir poussé la condition physique et la machine au-delà de la normalité aura été Georges Foreman, à la fin des années 80. Hollyfield l’a fait dans les années 90 et on en a encore eu la preuve dernièrement avec Bernard Hopkins.

Glenn Johnson fait partie de cette bande-là. Il a déjà été un boxeur redoutable et redouté, son impressionnant double-jabs a longtemps été la référence en boxe, et sa puissante main droite en a ébranlé plus d’un avant samedi soir dernier.

son combat contre Carl Froch dernièrement nous a démontré que Johnson etait encore un boxeur d’élite chez les 168 livres, sans pour autant être encore un potentiel de champion.

 

Bute n'a cessé d'attaquer Johnson toute la soirée. - Radio-Canada.ca

 

Les derniers rounds du combat du 5 novembre dernier furent malgré tout les plus intéressants de la soirée, Bute échangeant coup pour coup avec Johnson au point d’en négliger quasiment totalement sa défensive.

Mais peu importe la puissance et la condition exceptionnelles du Jamaïcain, Bute remportera les derniers rounds haut la main en démontrant encore toute l’étendue de son talent et de ses habiletés. On a même pu voir ce qu’on a rarement vu dans la carrière de Lucian, c’est-à-dire la solidité du « menton » du Roumain.

On soupçonnera peut-être le Québécois d’adoption d’avoir voulu en donner un peu plus à son public lors des 3 derniers rounds… Et peut-être par le même fait, d’avoir laissé mieux paraître son rival.

Bute fait mal paraître ses adversaires et cela n’aide pas au fait qu’on lui reproche souvent par la suite de n’affronter que de mauvais boxeurs.

Au-delà du fait que Bute possède des qualités hors du commun, ce qui n’aide personne à bien paraître devant lui, il n’a pas eu la chance d’affronter de gros noms, en grande partie parce que les gros noms l’évitent…

Lucian est meilleur que l’on veut l’admettre.
Mais la boxe étant ce qu’elle est restée, il est facile d’accepter un combat contre un adversaire moins dangereux sans pour autant en affecter son classement, et c’est là la faille du système.

Mais ça, c’est un autre débat…

Entretemps, depuis samedi soir dernier, personne ne peut plus éviter Lucian Bute, et c’est les Kessler, Froch, Stieglitz et autre Ward qui doivent se demander qui pigera la courte paille…

 

Lucian Bute vs. Glen Johnson en rappel cliquez ici!

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