La faute de l’entraîneur? Vraiment?

 

Randy Cunneyworth, Jacques Martin et Randy Ladouceur - Cyberpresse.ca

Randy Cunneyworth, Jacques Martin et Randy Ladouceur - Cyberpresse.ca

Encore une fois, un entraîneur-chef du Canadiens de Montréal a été congédié après un court règne à la barre de l’équipe. En effet, depuis le défunt Pat Burns, qui a été le chef d’orchestre de l’équipe durant quatre saisons entre 1988 et 1992, aucun entraîneur-chef de l’équipe n’a réussi à compléter quatre saisons avec l’équipe. Face à un tel constat, pensez-vous vraiment que les dirigeants de l’équipe ne ressentent pas la pression des amateurs? À chaque saison, le CH tente de faire les séries, coûte que coûte. Et cette fois, c’est Jacques Martin qui a été sacrifié pour tenter d’obtenir des résultats à court terme. Changer d’entraîneur est une option relativement facile à réaliser si on veut changer la dynamique d’une équipe, et dans une certaine mesure, il n’est pas surprenant que Pierre Gauthier ait tenté le coup. Le Canadien version 2011-2012 a plusieurs bobos à règler…

 

La faute de l’entraîneur, vraiment?

On peut critiquer les décisions de tout entraîneur. Les gérants d’estrades s’en donnent souvent à coeur joie à ce niveau. On peut également ne pas être d’accord avec la philosophie et le style de jeu préconisé par un coach. Pour ma part, je ne suis pas le plus grand fan du système 1-2-2 de Jacques Martin, que je trouve beaucoup trop passif. Je n’ai pas toujours été d’accord avec ses décisions non plus, notamment lorsqu’il préférait Campoli et Diaz à Emelin ou lorsqu’il envoyait Cammalleri en désavantage numérique.

Mais je suis capable de reconnaître que Jacques Martin est un bon coach. Que sous sa gouverne, une équipe très ordinaire a participé aux séries deux fois en deux saisons, se rendant même en finale de l’Est en 2010. Que même si son système de jeu n’était pas le plus excitant, il était très bien adapté aux joueurs dont il disposait. C’est ça un coach, il doit tirer le meilleur des éléments qu’il a à sa disposition.

 

Incapable de faire fonctionner les vétérans?

Et nous arrivons à une des critiques principales dont était victime Jacques Martin: il n’était plus capable de faire fonctionner ses vétérans. Michael Cammalleri, Scott Gomez, Brian Gionta et Tomas Plekanec ne produisaient plus sous sa gouverne. Et c’est supposé être la faute de l’entraîneur? Ne me dites pas que Martin ne les a pas placé dans toutes les situations possibles pour les faire produire! Le problème est bien simple: Cammalleri, Gomez et Gionta sont des joueurs grassement surpayés qui n’ont jamais produit à la hauteur de leur salaire. Une équipe bâtie autour de ces trois joueurs ne gagnera jamais la Coupe Stanley. Ce n’est quand même pas la responsabilité de l’instructeur d’aller mettre la puck dans le fond du net!

Le constat est le suivant: la Sainte-Flanelle figure parmi les équipes qui ont les plus mauvais contrats de la ligue (pensez à Markov, qui est encore signé pour deux autres saisons mais qui n’a pas joué depuis 1 an). L’organisation compte sur plusieurs bons jeunes joueurs (Price, Subban, Desharnais, Eller, Pacioretty), mais elle sera toujours ralentie par l’improductivité de ses vétérans. Vivement 2014-2015

 

Pierre Gauthier, le prochain?

Je ne doute pas une seconde que Randy Cunneyworth est un bon entraîneur, mais il ne fera pas de miracles avec cette équipe. De plus, il continuera de préconiser le même système que Jacques Martin. Son utilisation de quelques joueurs sera différente (et probablement bienvenue pour certains), mais reste que les problèmes de l’équipe resteront les mêmes. Alors, on fait quoi?

Je crois qu’il est temps de regarder du côté de l’architecte de cette équipe: l’homme qui a congédié son entraîneur pour tenter de sauver une saison. Pierre Gauthier a-t-il vraiment une vision à long terme? Il semble souvent privilégier les solutions à court terme (Wisniewski, Kaberle) plutôt que de tenter de bâtir une équipe qui aura une chance RÉELLE d’aspirer au plus grand honneur. Quand la bâtisse commence à s’effondrer, il faut regarder qui a fait les plans…

 

La conclusion

Fans du Canadiens, je termine en vous disant ceci: si vous accusiez Jacques Martin de tous les maux de l’équipe, vous aviez tord. Le changement d’entraîneur pourrait être bénéfique pour cette saison, mais il ne changera rien au portrait global. Randy Cunneyworth n’est pas un sauveur et le Canadien ne s’enligne pas pour gagner la Coupe d’ici les trois prochaines années. Malgré tout, je crois que mes Glorieux feront les séries par la peau des fesses, avant de se faire éliminer rapidement.

J’oubliais…engager un entraîneur unilingue anglophone est-il un manque de respect flagrant dans un marché comme Montréal? Espérons que la situation sera corrigée au terme de la saison.


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