Un luxe que les Predators pouvaient se permettre

Colin Wilson connaît une deuxième saison complète très intéressante avec les Preds. Source: THN

Quand tu transiges un choix de 1ere ronde pour un joueur marginal de soutien comme Paul Gaustad, tu es automatiquement accusé d’avoir trop donné dans l’échange. Quand, en plus, tu sacrifies deux choix de deuxième ronde et un espoir pour mettre la main sur le décevant Andrei Kostitsyn et le défenseur défensif Hal Gill, tu passes pour une organisation qui scrappe son avenir pour un présent incertain. Toutefois, je ne suis pas de ceux qui croient que les Predators de Nashville ont eu l’air fou dans les derniers jours et voici pourquoi.

Les Predators arrivent à la fin d’un cycle, un cycle au cours duquel ils ont participé aux séries éliminatoires plusieurs saisons consécutives sans gagner une seule ronde de séries avant de finalement en remporter une la saison dernière. Leur défenseur étoile Ryan Suter deviendra joueur autonome sans restriction l’été prochain et leur capitaine Shea Weber, aussi défenseur étoile, le sera dans un an. Sans ces deux défenseurs, aussi efficaces que résistants aux blessures, l’alignement des Predators n’est plus aussi menaçant, malgré la présence, devant le filet, du gardien le plus sous-estimé de la LNH, Pekka Rinne. Afin de convaincre les deux défenseurs que l’équipe de Nashville est leur meilleure chance de gagner la coupe Stanley, le directeur général de l’équipe, David Poile, devait faire des gestes significatifs pour améliorer l’équipe.

Il est allé chercher l’attaquant offensif qu’il lui manquait. Les Predators, c’est connu, ne sont pas une puissance offensive dans la LNH. Leur meilleur marqueur, Martin Erat, a 46 points et se classe de justesse parmi les 60 premiers pointeurs de la ligue. L’ajout d’Andrei Kostitsyn pourrait leur permettre de compter sur deux trios offensifs potables, en plus d’ajouter un peu de profondeur en cas de blessure. Paul Gaustad, de son côté, permet aux Predators d’ajouter un spécialiste des mises en jeu et un gros centre défensif qui pratique un style de jeu parfait pour les séries éliminatoires robustes de l’Association de l’ouest. Finalement, les Predators, qui oscillaient entre le 14e et le 17e rang en infériorité numérique, ajoutent en Hal Gill un vétéran lauréat de la coupe Stanley qui était la pierre angulaire de la meilleure unité d’infériorité numérique de la ligue. Ce sont souvent ces petits gestes qui font la différence en séries. Rappelez-vous des acquisitions de Chris Higgins et Maxim Lapierre par les Canucks, l’année dernière, ou encore celle de Chris Kelly et Rich Peverley, du côté de Bruins.

Oui le prix à payer semble élevé, mais la formation du Tennessee pouvait se permettre ce luxe. Les Predators repêchent largement mieux que la moyenne des équipes de la ligue et leur alignement actuel regorge de jeunes joueurs développés par l’organisation. Parmi ces joueurs, il y a le défenseur Ryan Ellis, gagnant de trois médailles avec l’équipe canadien junior des moins de 20 ans, et le centre Colin Wilson, qui a déjà atteint son total de points de la saison dernière en 21 parties de moins. Ajoutons à ces noms Craig Smith, joueur repêché en 4e ronde  en 2009 issu de nulle part à sa première saison professionnelle pour se hisser parmi les meilleurs marqueurs chez les recrues de la ligue. À la défense, le suisse Roman Josi et l’américain Jonathon Blum sont voués à un bel avenir et leur présence a fait en sorte que le défenseur Cody Franson a pu être échangé à Toronto au cours de l’été. Les jeunes Nick Spaling et Gabriel Bourque, deux autres choix de l’organisation, apportent de belles choses aux deux derniers trios et l’équipe est même nantie derrière leur gardien Rinne, avec Anders Lindback et Chet Pickard en appui au Finlandais. En plus, les récents choix de repêchage Austin Wilson, Charles-Olivier Roussel et Michael Latta sont en développement dans les mineures.

Les Predators ont beaucoup de profondeur au sein même de l’organisation, alors ils pouvaient se permettre d’échanger quelques futurs choix au repêchage pour de l’aide immédiate, d’autant plus que les analystes annoncent la cuvée 2012 comme étant très mince. Et rien n’empêche la formation de Nashville de procéder à d’autres transactions avant le prochain repêchage, question de récupérer quelques choix perdus. Les droits de négociation des Suter et Weber pourraient être très convoités s’ils décident de tester leur valeur sur le marché. D’ici là, les Predators sont équipés pour les séries et ils pourraient très bien surprendre les favoris comme les Canucks et les Red Wings une fois les séries commencées. C’est maintenant ou jamais pour eux. Ce sera intéressant à suivre!

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