Un début de saison rempli de promesses pour l’Impact

La bonne nouvelle: après six matchs, l’Impact n’est pas la pire équipe de la MLS. La mauvaise nouvelle: le Stade Olympique ne s’embellit pas avec les années.

Plus sérieusement, l’Impact nous offre un début de saison prometteur. Certes, le onze montréalais a perdu quatre matchs, mais le jeu qu’il nous a offert est plus qu’encourageant. Trop souvent lors de ces défaites, l’Impact a été victime d’arbitrage questionnable et de coups du sort un peu cruels. On se rappellera du carton rouge décerné à Jeb Brovsky contre Columbus, et du penalty plutôt sévère accordé au Crew par la suite.

Après un premier match nul à saveur de défaite à domicile face au Chicago Fire, l’Impact s’est repris de belle manière au Stade Olympique en battant les rivaux du Toronto FC 2-1. Ce fut un moment magique pour les spectateurs présents au match, qui étaient malheureusement beaucoup moins nombreux que pour le match d’ouverture (environ 23 000). Par contre, cela n’enlève rien à la victoire, un gain pleinement mérité face à une équipe torontoise complètement perdue en ce début de saison.

Généralement, le jeu est solide et la chimie commence à s’installer dans l’équipe. Matteo Ferrari s’est imposé comme patron de la défense montréalaise et a été de loin de meilleur joueur de l’équipe depuis le début de la campagne. Toujours présent sur le jeu aérien, décisif dans ses interventions, Ferrari est un roc dans une défense plutôt instable. La décision de Jesse Marsch d’insérer Shavar Thomas au coté de Ferrari semble payer, puisque le défenseur jamaïcain a été de loin meilleur que les Brovsky, Gardner et Wahl ayant joué en défense centrale depuis le premier match. Si Nelson Rivas peut rester en santé lors de son retour de blessure, attention à la défense montréalaise! Avec un Zarek Valentin très prometteur sur le flanc droit, Rivas et Ferrari au centre, et Wahl/Mallace/Gardner à gauche, l’Impact pourrait compter sur une des meilleures défenses de la ligue.

Si Ferrari est le patron de la défense, Donovan Ricketts est la raison des succès de l’Impact. Le colosse a été presque parfait cette saison si on oublie la deuxième mi-temps du match à New York. Si certains lui reprochent ses sorties quelque peu aventureuses, force est d’admettre que Ricketts effectue les arrêts clés la plupart du temps. Face au Real Salt Lake, l’Impact aurait pu s’effondrer sans les nombreux arrêts importants du grand jamaïcain. Finalement, Jesse Marsch a peut-être vu juste quand il a déclaré plus tôt cette saison que le onze montréalais comptait sur le meilleur gardien de la MLS.

Au milieu de terrain, deux noms à retenir : Felipe et Justin Mapp. Felipe – de qui j’ai déjà fait l’éloge il y a quelques semaines – est un véritable dynamo pour l’Impact. Il descend très bas en zone défensive, et relance l’attaque avec beaucoup d’efficacité. Sa technique est irréprochable et la relance passe presqu’exclusivement par lui. Mapp, lui, se détache du groupe pour sa volonté à couper au centre dans la zone offensive. Un de mes reproches au onze montréalais est qu’ils jouent trop les centres. Les attaquants de l’Impact ne sont pas particulièrement grands ni physiques et pourtant, la relance est souvent effectuée sur les flancs. Au contraire, Mapp n’hésite pas à confronter les défenses adverses et son but face à New York en est un exemple parfait. Si l’Impact veut connaître du succès, l’équipe devra varier ses angles d’attaques et ne pas seulement se fier à sa vitesse sur les flancs. Le retour de Sinisa Ubiparipovic devrait beaucoup aider à ce niveau-là, comme le démontre son but lors du dernier match face à Toronto.

Un petit mot aussi sur Collen Warner, qui se veut une présence tranquillisante au milieu de terrain. Il a la capacité de calmer le jeu, de temporiser afin de repérer la meilleure option possible pour relancer l’attaque. Il effectue le travail que Patrice Bernier n’a pu faire constamment depuis le début de la saison.

À l’attaque, Sanna Nyassi s’est imposé comme la seule vraie menace constante chez l’Impact. Même si je persiste à croire que Nyassi devrait être utilisé à l’aile, sa vitesse lui permet de prendre l’avantage face aux gros défenseurs physiques qui sont typiques de la MLS. Il doit travailler sa finition, mais le talent est là. Pour ce qui est de Bernardo Corradi, je suis un peu déçu. L’attaquant italien démontre toute la volonté du monde, mais le physique ne suit plus aussi bien qu’avant. Toujours aussi à l’aise balle au pied, Corradi manque cependant de vitesse. Il peut encore faire une différence dans la surface de réparation, mais ses courses dans les espaces ouverts ne sont pas convaincantes. L’avenir de l’attaque montréalaise risque de passer par Andrew Wenger, auteur d’une entrée remarquée samedi dernier face à Toronto et d’un superbe but.

Finalement, gros respect à Jesse Marsch. Le coach n’a pas hésité à reléguer des vétérans importants qui n’ont pas performé comme ils devraient (Bernier, Arnaud) sur le banc afin de faire place à des joueurs plus jeunes comme Warner, Ubiparipovic et Mapp. Marsch semble mener son équipe comme il l’entend sans faire de favoritisme. Il manie son alignement de façon intelligente et récompense les joueurs qui le méritent. Ça change de l’époque De Santis!

Pour terminer, je ne peux m’empêcher de souhaiter la fin des travaux au Stade Saputo. Le Stade Olympique est bien peu adapté au soccer. Trop grand, trop vieux, avec une acoustique pitoyable, l’épave qu’est devenu le monument ne sied guère l’Impact. De plus, la différence entre un stade plein pour le match d’ouverture et une foule normale pour la MLS lors du deuxième match à Montréal est beaucoup trop importante. Tout ça, c’est sans parler du personnel désuet et plutôt déprimant de la RIO. Les vendeurs de concessions, les gardes de sécurité et le personnel d’accueil semblent sortir tout droit d’une autre époque, et leurs façons d’agir suivent cette ligne de pensée. Les Ultras torontois, isolés dans leur section au fond du stade, ont pu allumer des fumigènes à leur guise en début de match samedi. Par contre, les membres de UM02 ont reçu des avertissement sévères et certains ont même été expulsés pour le même geste. Gens de la RIO, vous devriez passer quelques minutes à étudier le soccer et ses fans au lieu de réagir face à des situations que vous ne connaissez, et vraisemblablement, ne comprenez pas. Vivement le retour au Stade Saputo!

 

 

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