Euro 2012: Italie contre Angleterre au Burgundy Lion

La façade du Burgundy Lion.

En voyant l’affiche Italie contre Angleterre qui allait emplir la journée de dimanche, je me suis dit que je devais la passer dans un pub typiquement anglais. Bon, les recherches ont été longues et décourageantes à certains instants, mais j’ai finalement trouvé : le pub Burgundy Lion sur la rue Notre-Dame Ouest, au coin du marché Atwater. Je ne vous cacherai pas l’engouement que suscite la culture anglaise à mon égard et par le fait même leur tradition socceresque. À vrai dire, elles me fascinent. Du coup, j’étais implicitement conquis quand je suis entré dans le pub à deux étages : ambiance chaleureuse, partisans bruyants, décor typiquement britannique avec des murs à moitié blancs et tapissés tout en bas d’un bois foncé et vernis. Des colonnes de bois franc massives parsèment également l’endroit, ainsi qu’une multitude de photos, soit de maillots soccer, soit de bière ou encore de personnalités anglaises connues. Le noir est y également omniprésent, de plus que le brun foncé, accentuant le côté champêtre et british. Pendant que j’observais le pub, sans hésiter, un serveur, plutôt clairvoyant, m’indique immédiatement que la pièce du deuxième étage sera beaucoup plus joviale et festive pour la rencontre. Je m’y dirige, pendant que le barman m’indique le comptoir où je serai installé pendant la durée de la joute. La salle se remplit tranquillement de partisans arborant fièrement leurs couleurs anglaises, de même que quelques fanatiques italiens s’infiltrant promptement au bar. Les sourires jaillissent de part et d’autre; la pièce vibre au son des discussions animées par tout et par rien, mais surtout par la rencontre qui va suivre dans quelques instants.

En attendant, je me commande un Yorkshire pudding farci aux saucisses et champignons, ainsi que des légumes de saison, soit de quoi soutenir le stress et les émotions qui seront certainement présents lors du match. Costauds et typiques, c’était plutôt bon. Le temps de terminer le plat et de me tourner, la pièce était bondée de gens, de curieux et surtout de supporteurs commandant bière après bière, question d’être fin prêt pour la joute. 

Avant la rencontre.

La musique s’estompe d’un coup et tranquillement, le son du commentateur britannique inonde le pub. Des « Come on England » gras et bien sentis s’exécutent par la majorité des partisans, tandis que d’autres chantent allègrement. Je ne vous donc cacherai pas que ce match a laissé un taux de stress dans le sang de ces fanatiques anglais beaucoup trop au dessus de la moyenne, avec ce onze défensif jouant les contres et manquant des chances inimaginables de briser les reins d’Italiens dominateurs et joueurs, au vu de la confiance que ces aficionados portaient à la qualification des Three Lions. Toujours en train de respirer bruyamment, les yeux éreintés rivés sur l’écran géant, tous entassés les uns contre les autres à boire sa bière et à partager son anxiété à son voisin, mon camarade de droite me lâche un : « Penses-tu qu’ils vont l’emporter? » Je réponds d’un « Il faut, il faut, hein! » approbateur. Par contre, c’est certain qu’un Andrea Pirlo en état de grâce, reproduisant la prestation d’un certain Zidane contre le Brésil en 2006 au même degré de qualité et de domination, a aidé à exacerber ce stress providentiel. Puis, n’eut été de bloc hermétique amené par un John Terry inspiré et inspirant, la Squadra Azzurra aurait certainement plié la rencontre en quelques occasions, les cheveux au vent, la gueule du conquérant romain en tête de proue. Bon, ça n’a pas été le cas, au point où on s’est rendu en tirs de barrage. Et dire qu’il y avait de la tension à ce moment-là serait un bien mauvais euphémisme pour décrire l’ambiance qui régnait lors de cette étape fatidique. T’avais envie d’aller aux toilettes? Pas grave : fais-le dans mes pantalons… Vous voyez le genre? Pas une seconde se devait d’être perdue, pas un simple mouvement se devait d’être échappé.

Quelques minutes avant la fin de la deuxième prolongation.

Le mains dans le visage, les doigts écartés, les gens apercevaient nerveusement la séance. Un soupir s’exaltait ainsi à chaque fois qu’un joueur anglais réussissait son essai, tandis que la salle a été euphorique lorsque Montolivo a raté le sien. Puis, il y a eu Pirlo. Une Panenka. Une Panenka légendaire. Un sang-froid épeurant, surmonté d’une classe orgasmique. Ça a sûrement été le point tournant de ces tirs de barrage, qui ont vu les deux Ashley, soit Young et Cole, manquer leur tentative, conduisant l’Angleterre à sa perte. Un silence assassin  a par la fait même orné le Burgundy Lion, attristé, seul et médusé. En descendant les escaliers, un partisan voit mon maillot de Manchester United floqué d’un dix et de Rooney et entame un questionnement légitime pour un supporteur autrefois plein d’espoir : « Si seulement Wayne avait réussi sa bicyclette en fin de match… »

YouTube Preview Image

Suivez-moi sur Twitter (Thomas_hm), pour plus de soccer, pour tout et pour rien. Vous allez voir ce que vous allez voir. Bah ouais, hein!

À voir aussi sur SDR :


Vos commentaires


 

© 2010-2012 Sportsderuelle.ca
Image 01 Image 02 Image 03 Image 04 Image 05 Image 06 Image 07 Image 08 Image 09 Image 10 Image 11