Euro 2012: S’adapter ou ne pas s’adapter, telle est la question

Balotelli dans ses oeuvres.

Après un mois de folie, l’Euro se conclura sur une finale entre une Espagne dominatrice et impitoyable sur la planète soccer depuis quatre ans et une Italie trouble-fête qui cherche sa rédemption des scandales et d’un mondial sud-africain désolant. L’une veut entrer définitivement dans l’histoire en devenant la première nation faisant le triplé Euro-Mondial-Euro, tandis que l’autre cherche à revenir sur ses ornières de succès qu’elle a laissées tout au long de son histoire. Une formation aux tactiques systématiques contre une équipe qui s’est renouvelée. La folie de Balotelli contre le geste simple et gracieux d’un Iniesta. Les comparaisons pourraient ainsi continuer pendant des heures, mais une chose est certaine : jamais l’Espagne aura été emmerdée comme ça depuis qu’elle exerce sa suprématie sur le monde socceresque.

Le début de la fin pour les Allemands

Contre la Squadra Azzurra, Joachim Löw a cru bon de faire le caméléon… à vrai dire il a laissé tombé la classe offensive lui permettant de devenir le successeur anticipé de la Roja, au profit d’une tactique qui voulait se fondre aux Italiens. En gros, au lieu de garder une formation prisant la possession avec un Özil contrôlant les phases d’attaque et une doublette Khedira-Schweinsteiger maîtrisant le tempo de la rencontre, Joachim a voulu, à prime abord, cadenasser le classieux Pirlo au milieu de terrain en plaçant Kroos au poste de prédilection de Mesut Özil, qui lui a été déplacé sur le côté droit, pour ainsi anéantir toute construction de jeu des Italiens et réduire considérablement les chances des Azzurri de l’emporter. L’idée était là et elle aurait pu fonctionner.

Or, Kroos n’a pas mis assez de pression sur Pirlo (comme Rooney, à la différence que les Anglais jouaient à huit en arrière, alors que les Allemands à trois la plus part du temps…), qui lui descendait excessivement bas pour aller chercher le ballon, distribuant de longues passes qui ouvraient par le fait même le jeu. Par moment, le métronome italien faisait aussi quelques montées qui étaient instantanément couvertes par un De Rossi génial et un Montolivo infatigable. Puis, la Mannschaft, malheureusement au prise avec un imbroglio au milieu de terrain (Kroos étant assigné au milieu axial, alors qu’Özil avait la propension à aller l’occuper malgré tout, en raison du fait que c’est son positionnement de prédilection), laissait les latéraux italiens extirpés de tout marquage (Chiellini en l’occurrence sur l’ouverture du pointage), ce qui a mené Pirlo à exploiter les ailes. De plus, ajoutez à cela un Boateng peu mobile et très fébrile et vous obtenez le premier but de la rencontre.

Reste à voir si l’Espagne va prendre le risque d’essayer de museler Pirlo…

Fabregas l'euphorique.

… Ce qui n’arrivera pas

D’abord, les Espagnols ont tout gagné avec la même vision socceresque, les rendant confiants et certains de leurs choix, Vincente del Bosque, loin d’être un grand tacticien, confirmant avec certitude cette tendance au dogme du Tiki-Taka. Jeu de passes très court, triangles inlassables, patience et technique hors-norme et vision défensive. Oui, l’Espagne réalise un deux pour un, à savoir garder jalousement le ballon, laissant donc leur adversaire sans possibilité d’attaque, avant de se procurer des chances avec cette même gonfle. C’est simple : la meilleure défensive, c’est l’attaque. Malgré tout, pour briser ce rythme régulier de transition de ballons, un joueur se doit de créer des courses pour perturber la défensive adverse et ouvrir des espaces pour ses coéquipiers. Quelques uns le font avec brio, soit Fabregas, Torres, Iniesta et même David Silva à certains moments. Le but de Fabregas contre l’Italie en est un exemple parfait. Du coup, à défaut d’avoir un Messi perturbateur, chacun réalise sa part pour casser une tendance que l’adverse voit rarement venir.

Donc, opposée à cette Italie dictée par les contres, le génie de Pirlo et Balotelli et la rigueur tactique et défensive des De Rossi, Chiellini, Bonucci, etc., l’Espagne serait candide de s’adapter à leur opposant comme l’Allemagne a pu le faire. Après tout, c’est cette vision récalcitrante qui a permis à la Roja de gagner en confiance et en magnificence au cours des quatre dernières années de compétition.

Facteur SuperMario

Balotelli sera évidemment celui qui pourra bousiller les plans de triplé du onze de del Bosque. Autant il peut manquer d’innombrables chances de l’emporter pour son pays (contre l’Angleterre et contre l’Espagne justement), autant il pourra transporter sa nation d’adoption avec sa folie et son talent, pareillement comme il l’a fait contre les troupes de Joachim Löw.

Après, tout sera une question de « est-ce que Pirlo réussira un énième match de grande classe? », « est-ce qu’on verra le bon ou le mauvais côté de Balotelli? », « est-ce que les Espagnols seront capables de répéter leur exploit… ont-ils encore l’envie de dominer?», etc… Cette finale me laisse certainement dans le flou le plus total, mais c’est ça le propre des grandes joutes… celles qui rendent les peuples emplis d’allégresse ou de tristesse.

Suivez-moi sur Twitter (Thomas_hm), pour plus de soccer, pour tout et pour rien. Vous allez voir ce que vous allez voir. Bah ouais, hein!

À voir aussi sur SDR :


Vos commentaires


 

© 2010-2012 Sportsderuelle.ca
Image 01 Image 02 Image 03 Image 04 Image 05 Image 06 Image 07 Image 08 Image 09 Image 10 Image 11