Le petit guide de la sélection canadienne pour le néophyte

Canada 86'

 

Il y a eu 86′ et puis l’an 2000. Après, un trou noir sans fond, avec d’innombrables odieuses années de vache anorexique dans les chroniques nécrologiques. Et dire que, maintenant, des pays comme Haïti, le Costa Rica et l’Honduras nous devancent dans la zone CONCACAF… Ce sont ces petits pincements au cœur qui me rendent mal à l’aise quand un fan de soccer me demande où tu es né. Car, oui, quand on parle soccer avec quelqu’un que tu ne connais pas dans un pub ou un bistro, ton origine établit les bases de solides discussions par rapport à ta sélection nationale. Du coup, je me retrouve à dire : « Bah… eum… Je suis canadien. Mais, tu sais, ma mère est moitié française! » Avant, je faisais avec ce que j’avais… Mais plus maintenant! Car les années qui suivront sont celles des Canucks, des Rouges!

Sinon, si vous ne l’aviez pas aperçu (il y a un début à tout, vous savez), les troupes de Stephen Hart ont débuté le troisième tour des qualifications pour la Coupe du monde de 2014 se déroulant au Brasil. En gros, la sélection canadienne a vaincu Cuba sur ses terres par la marque d’un à zéro le 8 juin et a fait un match nul qu’elle aurait pu éviter et remporter contre le Honduras au BMO Field de Toronto, le 12 juin. Donc, quatre points ont été accumulés pour la bonne conscience des partisans du onze rouge, soit déjà deux plus que lors de l’entité  des rencontres qualificatives pour participer à la Coupe du monde sud-africaine il y a deux ans où le Canada s’était approprié la dernière place d’un groupe composé par le Mexique, l’Honduras et la Jamaïque de notre Donovan Ricketts national. Un quatuor de la mort, en fait… soit tout le contraire de cette année : Cuba, Panama et l’Honduras partagent en effet le groupe C avec les Canucks, ce qui exacerbe amplement nos espoirs de voir la sélection canadienne passer le troisième tour et participer au quatrième, synonyme de dernière barrière séparant le Canada d’une deuxième phase finale en Coupe du monde.

Évidemment, toute cette structure, amenant une formation à participer au tournoi sportif international le plus grandiose à avoir vu le jour, peut vous sembler floue. Et je vous comprends. Mais ces quelques détails vous séparent implacablement et malheureusement de sensations mirifiques. Car suivre avec anticipation la possible qualification de sa sélection nationale à la Coupe du monde est réellement indescriptible, sorte d’angoisse heureuse, de joie espérée… Je réitère par le fait même mes propos : les Rouges peuvent créer quelque chose de fabuleux et ainsi participer à la Coupe du monde de 2014, m’amenant donc à vous donner quelques pistes pour que vous puissiez suivre notre formation dans ces moments d’extase sempiternels sans avoir d’énormes maux de tête.

True North

Vulgarisation du processus de qualification

Je vais ainsi omettre d’expliquer les premiers et seconds tours, tout simplement parce que le Canada les a passés. Pour le reste, soit le troisième et le quatrième, voici ce qu’il en est : en ce moment, Dwayne De Rosario et consorts sont en train de se dégoter une place, en cette troisième ronde d’élimination, pour le dernier tour éliminatoire, étape finale avant d’aller boire de la Caïpirinha et danser la samba. Il y a donc douze effectifs répartis sur trois groupes, dans cet avant-dernier tour qualificatif. Les deux premières équipes de chaque groupe sont ainsi qualifiées pour la quatrième ronde qui, elle, contient un seul groupe de six formations. Dans ce dernier tour, les trois premières nations sont automatiquement qualifiées pour la Coupe du monde. La quatrième, par contre, doit affronter, en barrages inter-continentaux, le vainqueur de la zone Océanie. Le vainqueur de cette joute obtient également son billet pour le Brésil.

En ce moment, donc, le Canada prend position au deuxième rang de son groupe, derrière le Panama et devant l’Honduras et Cuba, avec quatre matchs à jouer en septembre et en octobre.

C’est bien joli tout ce langage technique.. mais a-t-on de bons joueurs dans nos rangs? Est-ce qu’on a raison d’espérer un quelconque conte de fée? La réponse est oui… et voici pourquoi.

L'ami Dwayne.

À surveiller

Depuis des lustres, le Canada n’avait pas réellement de joueurs talentueux à aligner sur son onze partant ou, en fait, ils étaient rares et offraient des prestations de qualité de manière sporadique. Depuis quelques années, c’est tout autre et ces joueurs montent tranquillement en puissance pour notre sélection : on a donc Dwayne De Rosario, notre vedette canadienne des dernières années et un des meilleurs attaquants de la MLS actuellement, à la différence près qu’il imite le bon vin, soit qu’il est meilleur en vieillissant. Sincèrement. Contre le Honduras, les phases offensives passaient ainsi inlassablement par ses pieds et il a toujours su créer quelque chose d’intéressant (même s’il a manqué un nombre immense de chances…). Le petit dribble, la passe transcendante par-ci, par-là et la merveilleuse qualité lui permettant de dicter le tempo des contre-attaques canadiennes. Une perle qui devra avoir le gros de la construction en zone ennemie, si le Canada veut connaître du succès.

Ensuite, une charnière centrale en McKenna, notre capitaine de surcroît, et Hainault, un des deux Québécois réguliers. Elle est typiquement anglaise : rugueuse, bonne dans les airs, à une prestance physique impressionnante, mais a de la difficulté à jouer les lances de rampement en phases de transition défense-attaque. Ces lances, et bien, sont jouées par un De Guzman talentueux mais irrégulier et la pièce maîtresse reliant les secteurs offensifs et défensifs, soit Atiba Hutchinson évoluant avec le PSV Eindhoven aux Pays-Bas. Surveillez son influence sur la qualité des transitions canadiennes et votre cœur sera conquis, je vous le dis! Finalement, en attaque deux buteurs évoluant en Angleterre, un en Premier League et l’autre en League One (troisième division), soit Simeon Jackson avec Norwich City et Ian Hume avec Preston North End. Le troisième, pour sa part, joue en Allemagne… et se nomme Olivier Occéan, un Québécois pure souche ayant notamment marqué l’unique filet de la rencontre contre Cuba le 8 juin prochain.

Au fil du temps et à la suite d’une saison de rêve avec le club allemand SpVgg Greuther Fürth (18 buts en 38 rencontres), venant tout juste de monter en Bundesliga, notamment grâce à la contribution d’Olivier, notre fierté socceresque a le fort potentiel de rester un titulaire indiscutable sous les ordres de Stephen Hart, tout simplement car il cadre parfaitement dans le style de jeu que notre sélectionneur préconise. Un jeu, en fait, à l’anglaise, physique, basé sur les contres rapides et l’abnégation. Par exemple, contre l’Honduras, le quatuor défensif a réellement imposé sa présence physique, ce qui a limité les Honduriens à un ou deux chances près du filet et plusieurs à l’extérieur de la surface de réparation. En gros, ils ont été surprenamment peu menaçants. Puis, dès que les phases offensives des adversaires hispanophones étaient anéanties, la gonfle était reliée à Huntchinson ou De Guzman qui la refilaient à Dwayne De Rosario jouant le contre avec Occéan et consorts. Bim! Bam! Boum! On ne niaise pas avec ces choses-là.

Au final, la prochaine rencontre est le 7 septembre contre le Panama. C’est quelque peu loin, mais au moins vous aurez les outils pour comprendre, expliquer et supporter fièrement votre nation (on oublie les histoires politiques dans ce contexte-là, s’il vous plaît) dans ce qui s’annonce un parcours mémorable. Je vous le dis. Et vous voulez en faire partie.

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